newsletter

atelier écriture

Juillet 2021


ce 7 juillet 2021,

(…)

Faire un pas de plus

dans le chemin ajouré

de la perte.

Où se perdre. Vifs.

Chaque mot sur sa fin,

sur sa soif,

garde le silence.

Être sur le chemin retiré,

ajouré,

où se retirer. Vifs.

(…)

                                    Jean-Gabriel Cosculluela, S’amuïr (suivi de) Résister aux mêmes

                                                                                   éditions la Passe du Vent, poésie

la saison chaude est là sans doute bien trop chaude c’est pourquoi nous vous souhaitons l’ombre des arbres et la fraîcheur d’un ruisseau sinon le fond des grottes ou des bibliothèques pour se rafraîchir un peu en compagnie de la beauté du monde de la beauté des langues.

 

ou bien, en septembre, venir en Bretagne, en Finistère nord, en monts d’Arrée exactement, là où le soleil apparait et disparait plusieurs fois par jour,

venir

déambuler en landes en tourbières en forêts mettre ses pas près des roches où couve encore le feu préhistorique passer par les chemins creux entrer dans un chaos celui du poète Segalen venu mourir là, le livre de Shakespeare (Hamlet) ouvert près de lui en son manteau d’hiver.

venir

déambuler au rythme des mots sur le carnet

et venir

s’assoir à la table et travailler son texte ou plutôt le sculpter ou bien le découvrir et qu’il tienne. qu’il tienne dans la page qu’il tienne dans le format du petit livre à venir.

car le texte qui s’écrit ici entre dehors-dedans est un livre.

un livre ? oui.

un petit livre d’artiste.

celle* qui marche est celle qui tient le carnet est celle qui met en forme son texte est celle qui le compose lettre à lettre est celle qui l’imprime est celle qui trouve pour accompagner le rythme global du livre qui, une gravure, qui une peinture, qui un trait d’encre, qui…

(* bien sûr, « celle qui » est tout autant « celui qui »).

nul besoin d’être « artiste » pour se risquer ici. le tremblement suffit. je veux dire le tremblement de quoi apparait page à page quand il n’y avait rien que le blanc et le face à face.

et la joie de l’apparition.

chacune comme chacun repart avec 5 exemplaires de son livre unique (car il est unique) et les éditions isabelle sauvage ainsi que terres d’encre en conserve un, pour mémoire de l’aventure et pour le plaisir de re-lire et de regarder un objet façonné pas à pas lettre à lettre trait à trait.

(sans compter les souvenirs que chaque livre convoque)

à disposition (et accompagné de conseils), une presse à épreuves, une presse taille douce, du lino, du bois, du verre, du plastique, des gouges, des pointes sèches, des encres d’imprimerie.

sans compter « Plombinette », la presse professionnelle des éditions (c’est la part des éditions consacrées aux livres d’artiste) avec, à la manœuvre (calage, pression, encrage), Isabelle Sauvage et Sarah Clément puis chacun.e des stagiaires à tourner le grand rouleau qui donnera corps au texte, à l’image, au livre.

Tout cela n’est pas grand-chose,

toute la peinture, sculpture, dessin, écriture ou plutôt littérature.

Tout cela à sa place et pas plus.

Les essais c’est tout.

Oh Merveille !

                                    Alberto Giacometti

voilà.

si l’aventure vous tente, n’hésitez pas.

petit rappel :

les mains du livre ont été co-créées par Isabelle sauvage, Sarah Clément et Frédérique de Carvalho sur la place Saint Sulpice un jour de juin et de marché de la poésie il y a six ans maintenant (je crois !).

et depuis nous co-animons ce Grand Atelier de tout cœur.

il se déroulera du  samedi 4 septembre soir au samedi 11 septembre matin. (6 jours) à Coat Malguen (le Bois Blanc) sur la commune de Plounéour-Ménez et dans les environs.

il est en pension complète et nous préparons ensemble les repas (nourriture bio, locale et végétarienne).  son coût est de 700€, matériel compris.

les inscriptions peuvent se faire auprès de terres d’encre ou auprès des éditions isabelle sauvage - association Poésie & Pas de Côté ( editions.isabelle.sauvage@orange.fr) .

il reste donc deux places…

( …)

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.

Toute lune est atroce et tout soleil amer :

L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.

Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

( …)

                                               Arthur Rimbaud, le bateau ivre

(Post Scriptum : tous les autres grands ateliers de l’été sont au complet ; c’est très heureux)

(…) Si les livres disparaissaient complètement. (…)

Non, non. Cette hypothèse est une fiction totale. Elle reste, néanmoins envisageable. Mais alors, en même temps que le livre, ce qui manquerait serait tel que plus rien du tout n’existerait, nous serions dans l’inexistence.

                                               André du Bouchet, entretiens avec Alain Veinstein,

l’Atelier Contemporain & l’Institut National de l’Audiovisuel

                                              

 

 

Abonnement newsletter